observation du corps dans la communication : les mains et les bras

de | 11 avril 2014

LA POIGNEE DE MAINS

« Plus je serre haut la main de l’autre, plus je l’apprécie, énonce Philippe

 

Turchet. C’est une règle qui vaut aussi lorsqu’on trinque. » Dans la première situation, François et Claire s’apprécient. Tous deux clignent certainement des yeux en saisissant la main de l’autre, comme pour imprimer son image dans son propre cerveau et la garder.

Dans la seconde situation, en revanche, la poignée de mains est basse : ils cherchent à se sauver. François est plus tourné vers l’extérieur, cassant la « bulle » qu’il formait avec Claire. Il n’est pas avec elle.

Il est intéressant d’observer qui avance avec la main au dessus dans une poignée de mains. Ce sera lui qui s’estime être le dominant des deux. Si vous trouvez avec difficulté la main d’autrui, cela peut être justement parce que vous vous considérez chacun comme le plus important.

 

Le jeu de mains

Lorsqu’il s’agit de lire le non verbal, l’une des premières questions à se poser concerne l’utilisation de la droite et la gauche par son interlocuteur. « Le côté gauche est activé par les zones de l’hémisphère droit du cerveau, celui du lien, de la conscience de soi », explique Philippe Turchet, synergologue, c’est-à-dire spécialiste de la lecture de la communication non verbale. Au contraire, le côté droit sera associé à l’autre, à ce qui est extérieur et qui me touche moins.

Dans l’exemple ci-contre, Claire couvre sa main gauche de sa main droite : la partie forte protège la partie faible ce qui laisse entendre qu’elle se contrôle. La position inverse serait au contraire une preuve qu’elle est prête à répondre de manière spontanée.

 

Les autres signes

Comme on peut le voir sur la photo, les avant bras de Claire sont à l’horizontal, signe qu’elle est en lien avec l’autre, prête à échanger même si elle se maîtrise. Les mains croisées sous le menton seraient au contraire la transcription d’un sentiment de supériorité. Situées sous la table, elles dénoteraient un manque de confiance en soi.

On peut enfin observer avec intérêt les mouvements des mains : jouer avec ses doigts, notamment l’annulaire, a toujours une signification. Votre interlocuteur fait le geste d’enlever sa bague ou son alliance : il voudrait éviter ce qui va se passer. Il la fait juste tourner : il est peut-être anxieux mais reste en contact avec vous.

D’une manière générale, pour bien lire une position, il faut étudier au moins huit gestes ou attitudes de son interlocuteur. Un ou deux signes ne suffisent pas à tirer de vraies conclusions

 Le croisement de bras

On entend souvent que le croisement de bras est un signe de fermeture, voire d’opposition. Une affirmation que remet en cause Philippe Turchet : « Le croisement de bras exprime de la réserve. Il peut tout à fait être un croisement de politesse qui montre que l’autre vous écoute, qu’il sait que ce n’est pas à lui de parler. »

Dans l’exemple ci-contre, François n’est pas dans une position fermée : ses mains sont ouvertes, détendues, il écoute. Un croisement des bras plus haut sur la poitrine aurait en revanche été signe de fermeture.

 

Les autres signes

Pour bien distinguer la réserve de l’absence chez son interlocuteur, il s’agit d’observer ses paupières : s’il vous écoute, même bras croisés, il clignera des yeux, chaque clignement étant le signe qu’il enregistre ce que vous venez de dire. Sinon, il hochera la tête.

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