SORTIR DE LA DUALITE DES EMOTIONS

Le constat est simple, nous sommes conditionnés par notre culture et nos expériences de vécus émotionnels. Toutes nos émotions sont donc soumises à notre perception du monde et à la dualité de la vision de notre société les concernant

Pour arriver à se libérer de cet ensemble de notions réductrices et enfermantes et pour tendre vers un équilibre personnel émotionnel et affectif, les thérapies intégratives sont de plus en plus enclin à proposer des solutions adaptées à chaque individu et personnalité.

La dualité, une norme sociale

Il est intéressant dans un premier temps de se rappeler d’où viennent ces normes et cette standardisation de la pensée. Se souvenir qu’au travers de l’histoire de nos sociétés judéo-chrétiennes et des dogmes qu’elles véhiculent, que nous connaissons tous plus ou moins, une évolution progressive se fait quant aux règles morales et éthiques.

Pourquoi alors se priver d’essayer d’améliorer ces règles  de vie aujourd’hui afin qu’elles continuent de contribuer à notre bien-être ?

Les normes sociales actuelles sont très souvent duelles, le bien et le mal ; le positif et le négatif ; le juste et le faux ; le blanc et le noir. De ces normes sont souvent exclues la voie du milieu qui nous permettrait de sortir de cette dualité et d’atteindre une position méta qui nous déculpabiliserait de les ressentir.

Pourquoi alors continuer de s’y soumettre ?

Les individus qui constituent une société fonctionnent ainsi car un cadre social à travers les règles et les lois qui le compose, permettent de vivre en communauté dans un certain consensus, de garantir ainsi leur sécurité. La sécurité de liberté individuelle devant s’équilibrer par rapport à la sécurité d’appartenance à un groupe. La liberté est donc mise en balance face au besoin de reconnaissance.

Les émotions soumises à la dualité

Les exemples d’émotions soumises à cette dualité sont légion mais le plus répandu est certainement celui de la colère et de la tristesse. Il reste encore aujourd’hui difficile de changer les mœurs liées à cette croyance, « les hommes ne doivent pas pleurer et les femmes n’ont pas le droit d’être en colère ». La puissance de l’homme est remise en question s’il exprime sa tristesse et la femme voit sa féminité dénaturée par le regard de l’autre si elle se met en colère.

L’affectif est soumis à la même dualité entrainant de plus en plus un clivage dans les couples modernes. La sexualité se détache de la reproduction du fait de la contraception, l’acte sexuel prend de la distance vis-à-vis de l’amour (besoin d’érotisation satisfait par des films et des livres).

Sortir de la dualité, mais dans quel but ?

L’intérêt d’un changement de perception passant par la position méta permet d’avoir un regard détaché sur ses émotions. La position méta est une position qui permet un regard détaché sur son vécu. Elle est donc utile ponctuellement pour permettre à l’individu de se libérer de croyances, de conditionnements liés à l’éducation ou aux poids résultant de normes sociales qui ne correspondent pas avec ses valeurs intrinsèques. Ceci est l’un des angles d’approche qu’utilise les thérapies et techniques de développement personnel.

L’hypnose ericksonienne (Milton Erickson) utilise le procédé de dissociation pour atteindre cette position privilégiée d’observateur méta. La Hot Seat (Fritz Pearls) permet également à travers un état modifié de conscience, d’obtenir un point de vue systémique d’une problématique et donc d’avoir le recul de cette même position.

Un autre est celui de l’approche cathartique. A travers un travail que fait l’individu sur ses permissions et capacités de se reconnecter avec ses émotions, il découvre la possibilité de les vivre pleinement jusqu’à leur paroxysme pour atteindre la résilience.

La bioénergie (Willem Reich) à travers des acting (protocole de mise en mouvement du corps) favorise cette reconnexion. La somato-thérapie (Richard Meyer) est une approche intégrative holistique qui regroupe un ensemble de techniques psycho-corporelles qui font appel à la mémoire cellulaire du corps dans cet objectif qu’est l’atteinte de la catharsis.

Que ce soit par l’un ou l’autre angle, l’objectif ultime est de prendre conscience du choix que chacun possède. Bien vivre ses émotions ne dépend que de nous. C’est un voyage dans et vers soi-même à la rencontre de soi et des autres.

Conclusion

Mon propos dans cet article invite au retour sur soi. Nous sommes certes soumis à une éducation inculquant des valeurs qui ne sont pas les nôtres et à un apprentissage de normes sociales, mais nous restons libre de dépasser cette condition et de nous en affranchir. Avez-vous envie de prendre cette décision ? Nous avons vu, à travers une liste non-exhaustive, qu’il existe de nombreuses techniques accessibles et variées qui vous en offrent la possibilité. Sortir de la dualité de sa perception est donc à porté de conscience ? Ferez-vous ce pas ? … JE CHOISIS, JE SUIS !

Didier Friederich,  psychothérapeute

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