Gérer le stress

Comprendre le stress


Le mot « stress » est un anglicisme qui nous vient de la physique. Eh oui, le stress désigne en tout premier lieu la capacité d’un système à résister à des tensions qu’on lui fait subir. C’est en 1950 qu’un médecin utilise pour la première fois le terme ‘stress’ pour l’être humain. Il l’applique à ce qu’il appelle le « Syndrome général d’adaptation » : « Le stress est la réponse non spécifique que donne le corps à toute demande qui lui est faite ». Le terme est ensuite entré dans le vocabulaire courant, pour être de nos jours surtout synonyme de tensions nerveuses (dues à notre mode de vie occidental).

Toute demande qui nous est faite mobilise de l’énergie et tout notre être se met à réagir : nos émotions, notre intellect et notre corps. Nous formons un tout indissociable ! Des chercheurs ont fait des enquêtes et des analyses pour évaluer les effets des sollicitations de la vie sur notre organisme, qu’elles soient « positives » ou « négatives ». Regardez ce que cela donne :


Surprise : même les joies sont « stressantes », c’est-à-dire demandent des ajustements, coûtent de l’énergie et prennent du temps à être gérées. Pour savoir quel niveau de stress vous accumulez en ce moment, il faut faire le total des chiffres LCU correspondant aux événements que vous traversez. Les médecins ont constaté que pour des situations qui totalisaient 100 à 150 LCU, 30% des gens tombaient malades assez rapidement. Face aux situations atteignant un cumul de 150 à 200 LCU, 50% des personnes examinées tombaient malades. Enfin, pour un stress de près de 300 LCU, 80% des gens sont malades dans les jours qui suivent !

Face à toute demande qui sort de l’ordinaire, nous réagissons en 3 temps (voir schéma ci-dessous), qui durent de façon variable selon les individus (nous n’avons pas tous les mêmes capacités « d’encaissement ») :

- 1ère phase : alarme. Nous subissons et encaissons le choc. L’organisme accuse le coup.

- 2ème phase : résistance. L’organisme répond par un sur-régime pour faire face à la demande inhabituelle : plus grande capacités intellectuelles et physiques. Cela procure un sentiment agréable de toute-puissance. C’est le « shoot » à l’adrénaline que recherchent beaucoup de personnes au travers des sports extrêmes, ou en se plaçant dans des situations de travail surchargé.

- 3ème phase :  épuisement. Le sur-régime est bon pour tenir ponctuellement aux changements. Mais si le stress dure, l’organisme s’épuise et même s’endommage (au niveau physique -lésions- et mental -découragement, écœurement).

Enfin, en général, on peut schématiser nos réactions au stress selon deux grandes tendances : il y a ceux qui intériorisent et ceux qui extériorisent. 

Gérer le stress

* Comprendre le langage de notre corps.
Mieux gérer le stress, c’est anticiper nos réactions avant de mal agir, pour remédier à la situation autrement qu’en tombant malade, en se dopant de café, pilules, ou autre substitut (pas forcément licite), ou en faisant subir nos émotions à notre entourage. Notre organisme a sa façon à lui de répondre au stress, souvent bien avant que nous soyons conscients de ce qui se joue en nous. La peur, la colère, l’excitation, la tension nerveuse s’expriment différemment selon les individus. Notre corps nous envoie des signaux qui, si nous apprenons à les décoder, à y être attentifs et à les écouter, nous aideront à ne pas plonger plus avant dans une situation délicate, ou en tout cas à pouvoir en parler avec plus de clairvoyance. Ce peut être des aigreurs d’estomacs, un mal de dos, une sudation plus forte, de l’insomnie…

* Gérer ses émotions
En situation de stress, les émotions sont souvent exagérées. Il ne faut donc pas s’y fier pour prendre des décisions trop hâtives ou pour dire des choses qu’on regretterait par la suite. Souvent, nos émotions s’expriment avant notre raison, qu’elles soient refoulées à l’intérieur ou qu’elles sortent au dehors. C’est en général : « panique d’abord, réfléxion ensuite ! ». Ce qui peut nous aider, c’est déjà de repérer notre fonctionnement et ensuite d’essayer de ne pas se laisser emballer par nos émotions. Dans certaines situations dont on ne voit pas l’issue, nous avons peur parce que nous ne maîtrisons plus rien. Alors, il peut être bon dans ce cas d’envisager le pire, non pour se morfondre encore plus, mais pour se préparer à l’accepter. Ainsi, ce cap passé, nous pouvons sereinement réfléchir à comment tirer partie du pire. La tête prend alors le relais pour gérer la situation.

* Eviter les deux extrêmes du fatalisme et de l’activisme.
Le fataliste dit : « Je ne peux rien faire, je dois subir les circonstances. ». C’est la paralysie, la passivité.
L’activiste proclame : « Si je redouble mes efforts, j’y arriverai ! ». On s’agite beaucoup, mais finalement il n’y a pas une bonne utilisation de l’énergie du sur-régime.

* Etre conscient de ses priorités.
Une situation de stress courante dans notre vie d’aujourd’hui est due à nos emplois du temps trop surchargés. Faisons le ménage ! Faisons des choix de priorités et laissons tomber tout ce qui est bien, serait chouette, donne envie, mais viendra nous fatiguer et nous rendre tendus à la longue.

* Sortir du perfectionnisme – apprendre à vivre par la grâce.
Le perfectionnisme, c’est le standard idéal que nous établissons nous-mêmes par rapport à ce que devraient être nos capacités, nos performances, notre attitude… Nous souhaitons, intérieurement et souvent de façon non consciente, être parfaits (selon nos critères). Cela nous met sous pression. Cherchons simplement à faire des progrès continus, sans tout envoyer en l’air quand nous ne nous estimons pas à la hauteur.

Dieu nous aime tels que nous sommes.
Il connaît très bien nos défauts et la capacité à faire le mal qu’il y a en nous (que la Bible appelle le péché). Il sait tout cela mieux que nous, qui nous voilons souvent la face sur nous-mêmes. Pourtant, son amour est immense pour nous ; son acceptation est totale. Alors acceptons-nous nous aussi. Attention : cela ne veut pas dire accepter le péché (faire subir aux autres nos humeurs désastreuses ou nos lâchetés) ; cela veut dire accepter notre faiblesse, notre limitation d’être humain. C’est dans cette position humble que Dieu se révèle à nous, vient à notre secours («Dieu résiste aux orgueilleux mais il fait grâce aux humbles» épître de Jacques ch.4 v6).

* Se tourner vers Dieu
Dieu veut pour nous le meilleur et le stress n’est certes pas ce qui nous aide à nous épanouir. Se tourner vers Dieu, accueillir son pardon donné en Jésus-Christ, découvrir une relation personnelle et intime avec Lui, qui nous nourrit, nous apaise, nous aide à mieux nous connaître, à mieux discerner les choses : c’est ce que nous pouvons faire de mieux face au stress. Nous en ressortons grandis sans être orgueilleux, car nous reconnaissons que c’est Dieu qui nous aide au quotidien, qui nous soutient. Nous ne puisons pas en nous-mêmes des ressources qui sont de toute façon limitées : nous recevons de Son amour une force et une sagesse que nous ne soupçonnions pas, comme dit l’apôtre Paul (2ème épître à Timothée ch1 v7).

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