La conscience de soi

Tout le processus de la conscience de soi repose sur l’aptitude à mémoriser sûre du long terme. En fait, notre cerveau doit pouvoir stocker suffisamment d’informations sur nos expériences vécues, intimes, sensorielles et autres pour ensuite nous les restituer à l’aide des souvenirs.

Il est impératif que ce fonctionnement soit très souvent actif pour réévaluer le souvenir et le soumettre à l’impression du moment afin qu’il évolue en nous et consolide petit à petit notre identité.

La mémoire à long terme s’inscrit par la répétition des événements ou leur apprentissage. Le fait de revenir à un endroit défini régulièrement procède de la répétition. Tandis que la pratique d’une langue et l’usage de la répétition volontaire pour mieux la maîtriser sont un apprentissage. Ainsi, un visage devient familier quand on croise une personne régulièrement et qu’elle nous sourie. Les lieux et la redondance des saisons marquent notre mémoire pour que notre cerveau interprète l’événement et lui donne un sens.

La répétition d’un événement ou même de notre présence en un lieu ne se reproduit jamais de la même manière. Le lieu subit la luminosité du jour dans sa progression et son déclin. Les gens qui fréquentent l’endroit peuvent ne pas être les mêmes et donc, notre perception s’affine en fonction des subtilités constantes. Bien que les événements paraissent identiques, notre cerveau les examine tout en recréant une perception plus juste, mais aussi plus abstraite.

On pourrait presque parler d’une mémoire multidimensionnelle. Il est donc difficile de penser que la mémoire soit essentiellement stockée comme elle le serait dans un disque dur d’un ordinateur. Car dans ce cas, elle ne subirait pas de modification en termes de sémantique.
Notre perception rend la mémoire vivante. Elle lui enlève son apparence figée. On ne peut presque plus parler de stockage, mais plutôt de culture d’un nouveau germe.

Héraclite ne disait-il pas qu’on n’entre jamais deux fois dans la même rivière ?

En effet, l’eau de cette rivière n’est jamais la même d’un instant à l’autre. Donc, la personne qui entre dans la rivière en sort et entre à nouveau vient de faire l’expérience d’une rivière totalement nouvelle. Mais ce n’est pas tout ! L’homme en question a lui aussi changé. Quand il est entré dans l’eau la première fois, il était plus jeune de quelques secondes ou minutes. Entre-temps, des milliers de cellules sont mortes et d’autres sont nées. En outre, sa pensée, sa perception, l’image qu’il se fait de lui et du lieu, après la première expérience, ne seront plus les mêmes lorsqu’il la reproduira la deuxième fois.

Alors, peut-on considérer qu’il existe un niveau de conscience ultime ?
Est-il possible de figer la réalité, la perception que l’on a de soi et du monde ?

Toute la recherche doit évoluer sur des postulats nouveaux. On ne peut plus reposer sur une vision figée des choses et la multidimensionnalité s’impose de plus en plus dans l’esprit des êtres humains.

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