Déjouer la manipulation

Un peu à l’image de la dépendance affective, où on le retrouve souvent d’ailleurs, le manipulateur puise sa motivation dans son besoin d’être aimé et reconnu. La manipulation implique un rapport de pouvoir, de domination pour influencer subtilement – consciemment ou non – une personne et en retirer des bénéfices. Cet abus se fait au détriment du manipulé.

Son pattern est d’autant plus aliénant qu’il est répété, sournoisement, parce qu’il prive l’être de sa liberté. Pour parvenir à ses fins, le manipulateur dispose de nombreuses stratégies dont certaines sont facilement décelables. Les identifier, c’est poser le premier pas permettant de reconquérir le respect de soi et sa liberté.

Le manipulateur a parfois tellement besoin d’amour qu’il va projeter sur l’autre ce besoin et lui « offrir » une attention soutenue, beaucoup d’amour, se rendre particulièrement serviable, aimable (par la flatterie, courtoisie, générosité …). Cela va finir par emprisonner l’autre en l’amenant à se sentir redevable bien qu’aucune attente n’a été exprimée clairement. Le manipulateur place ainsi ses pions pour mieux asservir sa victime.

Le manipulateur ment, ne communique pas clairement ses besoins, ses sentiments en restant flou. Il remet aussi souvent les qualités et compétences de l’autre en question, parfois en critiquant de manière plus ou moins subtil, en dévalorisant ou en jugeant de sorte qu’il ouvre une faille dans l’esprit de sa proie où le doute va germer. Il lui sera alors plus facile de faire penser à l’autre ce qui va servir ses propres intérêts.

Il tente de se rendre indispensable de façon à créer une dépendance lui garantissant une fidélité, une exclusivité de ceux qu’il choisi d’aimer et faciliter ainsi la réalisation de ses désirs cachés.

Le manipulateur possède une intelligence émotionnelle très développée qui lui permet d’anticiper les besoins et désirs de l’autre. Il sait très facilement se mettre dans la peau de l’autre et n’hésite pas à le faire afin de mieux saisir sa victime dans sa toile d’araignée.

Il va ainsi tirer sur toutes sortes de ficelles pour susciter des émotions tel que la culpabilité, le sentiment d’être redevable, de ne pas être correct en doutant de l’autre et le fait que lui, le manipulateur, a raison. Ce dernier est d’autant mieux capable de jouer avec les sentiments d’autrui qu’il peut lui même incarner un rôle et simuler des états émotionnels dans le but d’obtenir ce qu’il veut de l’autre.

Il évite de prendre ses responsabilités, va nier l’évidence et chercher à vous convaincre qu’il a raison en jouant avec le doute et les émotions de culpabilité ou autres qu’il a semé en vous.

Le manipulateur demande souvent au manipulé de faire et croire ce qu’il dit alors que lui-même fait le contraire.

Le manipulé vit donc souvent du doute et de la confusion. Le manipulateur construit une représentation de la situation déformant la réalité mais respectant ses desseins. Il tente ensuite de convaincre qu’il a raison, que l’autre n’est pas correct. Sa victime se dévalorise et les signes annonciateurs se manifestent souvent par des malaises physiques (maux de tête, problèmes de peau, perte d’appétit etc. …). Le sentiment d’étouffer, de devenir prisonnier, de perte de confiance, de respect de soi se mélange à la culpabilité, la colère, la frustration, la tristesse lors des actes de manipulation.

Pour sortir des griffes d’un manipulateur, il peut être utile de changer certains comportements. Il n’y a pas de formules magiques dans ce domaine mais il appartient au manipulé de se redonner respect, confiance et estime en agissant autrement, différemment.
Ce n’est pas à lui de déprogrammer le manipulateur qui devra explorer par lui-même les avantages qu’il retire de cette manière d’être en relation. Le manipulé, pour grandir au travers de ce défi, pourra mettre ses énergies à reconstruire sa valeur personnelle et son amour propre. Cela commence, par exemple, en cessant de se justifier, d’argumenter pour faire valoir une décision.

Prendre un certain recul, se détacher des tentatives de culpabilisation pour mieux renvoyer à l’autre ses arguments, sans y adhérer afin de briser le jeu de manipulation. Le manipulateur étant un as de l’ambiguïté, il est souvent difficile de savoir exactement ce qu’il veut dire. L’utilisation d’un questionnement fermé (réponse par oui ou par non) pour l’inciter à dévoiler ses sentiments et lui rendre sa part de responsabilité peut être utile.

L’idée est donc bien de trouver des nouvelles attitudes adaptées aux stratégies du manipulateur pour éviter de rester pris dans ses pièges tout en se redonnant respect et amour pour s’offrir la possibilité de vivre une relation saine, que ce soit amoureuse, professionnelle, amicale ou familiale.

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