La quatrième position perceptuelle (Robert Dilts)

Programmmation neuro linguistique

La quatrième position est une position perceptuelle qui implique le fait d’être associé à l’ensemble du système ou « champ » lié à une interaction particulière. Cela inclut le fait de ressentir la situation en prenant en compte l’intérêt de l’ensemble du système. La quatrième position perceptuelle est une position « nous ».

Elle est caractérisée par l’utilisation de la première personne du pluriel « Nous sommes », « nous autres », etc. La quatrième position est une composante essentielle de la sagesse et de l’écologie. C’est une perception essentielle pour pouvoir exercer un leadership authentique et pour développer un esprit d’équipe. Comme le terme l’implique, la quatrième position présuppose et englobe les trois autres positions perceptuelles (1ère ? soi, 2ème ? autre, 3ème ? observateur). Les gens qui ne peuvent accéder à une quatrième position ont des difficultés à se percevoir comme membre d’un groupe ou d’une communauté.

L’expérience de la quatrième position perceptuelle émerge de la conscience des facteurs communs qui relient et connectent les membres d’un groupe ou d’un système à un niveau profond. C’est la fondation du « groupmind » ou de l’esprit d’équipe. La quatrième position perceptuelle doit toutefois être distinguée du consensus. Le consensus est un accord entre des individus. La quatrième position émerge d’une perception de « similitude » et de l’identification à l’ensemble des membres du groupe. Cela présuppose également que l’on a déjà pris l’ensemble des trois première positions perceptuelle. On peut l’imaginer comme le sommet d’une pyramide dont la base est constituée des trois positions perceptuelles de base.

Dans des systèmes fonctionnels, chaque membre a la capacité de faire l’expérience de la quatrième position. C’est une capacité clé du leadership visionnaire. Les leaders efficaces sont capables de s’identifier avec l’ensemble du système qu’ils influencent. C’est également une caractéristique clé pour la modélisation. La quatrième position perceptuelle peut être particulièrement importante lorsque nous explorons une autre culture, particulièrement celles où le sens de l’individu est bien moins important que le sens de la communauté.

A Bali, par exemple, les castes sociales ne possèdent que quatre noms pour ses membres. « Premier né », « deuxième né », « troisième né » et « quatrième né ». Si une famille a plus de quatre enfants, le nom du cinquième commencera à nouveau par « premier né ». Le nom est donc le reflet du groupe d’appartenance ou de la caste et pas de l’individu. Ils sont organisés par l’idée de la communauté plutôt que par la perception de l’individu.

Kurt Lewin, dans son classique sur la dynamique des groupes ( (Field Theory in Social Science, 1951), fait références au sens de la cohésion (le sentiment d’appartenance, du « nous ») comme étant une propriété de base de tout groupe.

Lorsque la cohésion est forte, les membres sont motivés à participer aux activités du groupe et à contribuer à aider le groupe à atteindre ses objectifs. Une telle expérience fournit aux membres du groupe un sens d’identité et de sécurité ainsi qu’une sensation de valeur personnelle ou selon les mots de Lewin « le sol sur lequel la personne se tient ». Le degré de cohésion du groupe est souvent fonction du degré de chevauchement des intérêts et valeurs de ses membres ainsi que du degré de communication et de rapports qu’ils sont capables d’atteindre entre eux.

La création du rapport est habituellement définie comme l’établissement de la confiance, de l’harmonie et coopération dans la relation. Cette notion de rapport vient du travail de Milton Erickson. Comme hypnothérapeute créait et se mettait lui-même dans un état particulier qu’il appelait « transe thérapeutique ». Lorsque l’on demandait à Erickson s’il rentrait lui-même en transe lorsqu’il hypnotisait ses clients, il répondait « invariablement ». Lorsqu’un étudiant lui posa un jour la question suivante « Mais alors qui hypnotise qui » Erickson répondit « invariablement » suggérant par là que cet état de rapport est une boucle d’influence mutuelle où chacun influence et est influencé par l’autre.

L’utilisation de la psycho-géographie (l’utilisation de la place dans l’espace par rapport à un interlocuteur) joue également un rôle important pour favoriser la perception du « nous ». Il est facile de démontrer que le fait de changer la psycho-géographie au cours d’une communication va avoir un impact important sur la perception de la relation. Etre face à face par exemple, tend à focaliser l’attention sur la perception du « Je » et « Tu ». Etre assis côte à côte favorise la perception du partenariat dans un cadre de travail « nous ».

L’exercice suivant a été conçu pour vous faire ressentir l’expérience d’une quatrième position, ou d’une perception « nous » émergeant du partage ressenti de la similarité. Ce processus utilise des ancrages spatiaux, la psycho-géographie et la syntaxe somatique (la capacité d’exprimer un processus au travers des mouvements du corps):

Elaboration d’une ressource partagée

Dans un groupe commencez par sous-groupe de deux personnes:

  • Identifiez chacun une expérience ressource. Associez-vous en première position (en voyant au travers de vos yeux, ressentant vos sensations et réentendant le monde autour de vous). Laissez émerger un mouvement accompagnant ou exprimant cet état ressource.
  • Face à votre partenaire, montrez lui le mouvement qui a émergé puis observez le, alors qu’il vous démontre le sien. Depuis votre perspective personnelle (1ère position) imitez le mouvement de votre partenaire.
  • Changez de place et « prenez la place de votre partenaire » (allez en deuxième position). Reproduisez les mouvements de votre partenaire « comme si » vous étiez cette personne. Remarquez en quoi l’expérience est différente de la première fois.
  • Sortez de vos positions respectives pour vous retrouver côte à côte, en dehors de la ligne d’interaction, en position d’observateur (troisième position). Explorez les similarités et différences entre vos mouvements et ceux de votre partenaire.
  • Retournez à votre première position, mais tournez-vous de telle manière que vous et votre partenaire vous retrouviez côte à cote. Commencez à reproduire votre mouvement initial en même temps que votre partenaire démarre le sien. Ensemble, introduisez de petits changements de manière incrémentale jusqu’à ce que la frontière disparaisse et que vous fusionniez vos deux états et mouvements ressources en une quatrième position qui représente une intégration de vos deux personnes.
  • En paires, trouvez une autre paire et reproduisez ce processus en utilisant cette fois-ci le mouvement que vous avez élaboré à deux. Puis répétez ce processus par groupe de 4, etc jusqu’à trouver un mouvement pour l’ensemble du groupe

La version originale de cet article ainsi que toute information sur Robert Dilts peuvent être trouvées sur http://www.nlpu.com/

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