PNL dans la classe

Par Claudie Woehrlé

Appliquer la PNL dans l’éducation est ma foi très très utile. Les anglo-saxons insistent de plus en plus sur ce point et bien des professeurs outre-Manche se forment déjà à la PNL.

En France on reste encore timides ou tout à fait ignorants de cette discipline. Etant professeur moi-même, nous avons commencé à mettre en pratique, quelques collègues et moi-même, des outils de la PNL et mettons en commun nos résultats.
Quand on applique la PNL dans l’éducation, on peut la résumer en trois courtes phrases .
– Premièrement, savoir ce que l’on veut obtenir dans sa classe, connaître son objectif
– Deuxièmement, garder ses sens en éveil afin de voir ce que l’on obtient
– Troisièmement, être flexible pour pouvoir changer de comportement jusqu’à ce qu’on obtienne ce que l’on veut.

RÉSULTAT
SENSIBILITÉ
FLEXIBILITÉ

L’observation des habitudes des profs efficaces ont montré que la première habitude la plus importante était de prendre l’initiative et que la seconde était de commencer avec une claire détermination de comprendre où on est maintenant, où on veut aller ensuite et quelles sont les priorités. En d’autres termes pour être efficace il faut commencer par avoir un objectif bien défini et agir en fonction de celui-ci.

Au début de la classe, nous nous sommes posés comme objectif premier d’obtenir toute l’attention de chacun de nos élèves avant de commencer. De ce fait nous ne commençons à expliquer le contenu du cours que lorsqu’on est satisfaits d’avoir l’attention de nos élèves. L’expérience a prouvé que le fait de commencer une classe sans avoir obtenu au préalable toute l’attention des élèves est souvent un échec. Si on commence un cours en espérant obtenir l’attention au fur et à mesure, les élèves ne vont pas nécessairement se calmer. Ils ne se calmeront que si vous insistez pour avoir toute leur attention dès le début et avant de commencer. Commencer une classe avant d’avoir toute l’attention va envoyer un faux message aux élèves : celui que vous voulez entrer en compétition avec eux : vous commençant le cours et eux n’arrêtant pas leur installation. On sait quand on a l’attention de la classe quand la classe est silencieuse et que tous les yeux sont dirigés sur nous.

Afin d’arriver là, c’est-à dire à la concentration totale de nos élèves, on évite d’utiliser la voix. On utilise des clés visuelles, et on garde notre voix pour le contenu. On peut obtenir la concentration des élèves en leur signalant avec une gestuelle qu’on souhaite qu’ils s’asseoient. Faire l’appel reste une ressource intéressante. On a observé durant ce rituel que les élèves avaient tendance à se taire et à se tenir tranquilles dès qu’ils entendent leurs noms prononcés (on fait tous attention quand on s’attend à entendre son nom : chez le médecin, à un examen, etc).

Vient alors le moment d’obtenir toute l’attention de la classe et voici en quelques principes une méthode que nous avons testée.
On se tient devant la classe, bien droit et en équilibre sur nos deux pieds et on accueille les élèves.
Quand ils sont tous là, on dit une phrase de bienvenue dans une voix légèrement plus forte que le bruit de fond de la classe et puis on reste là sans bouger et sans parler pour un moment.
Quand le bruit de fond diminue, on commence la classe dans une voix plutôt douce pour imposer la tonalité à donner aux voix. Les élèves sont alors obligés de prêter l’oreille.
Et là c’est nous qui prenons l’initiative.

(On reste silencieux parce qu’on souhaite avoir le silence
On reste immobile parce qu’on souhaite que les élèves arrêtent de gesticuler
On commence la classe dans une voix basse car on veut que les élèves prêtent l’oreille pour entendre ce qui est dit.)

On peut mettre l’efficacité de cette stratégie à l’épreuve en l’utilisant un jour et en faisant exactement le contraire le lendemain et on note les différences de comportement de la classe.

Dès que cette routine est installée, on a observé qu’elle devient un automatisme et donc une ancre et on obtient une réaction inconsciente de nos élèves au stimulus. On a tous expérimenté cette chose. Quand le prof fermait la porte de la classe, alors on savait que le cours allait commencer. Le fait de fermer la porte était un signal, une ancre signifiant que notre attention était sollicitée. En tant qu’êtres humains nous sommes conditionnés par des ancrages divers.

Continuer à maintenir la concentration tout au long de la leçon est bien sûr ce qui est recherché et en même temps la meilleure façon de diriger une classe. On peut maintenir la concentration des élèves en portant une attention toute particulière à notre communication et spécialement à notre langage.

La PNL nous dit que le cerveau humain comprend d’abord le langage dans l’affirmation. En fait nous comprenons les phrases négatives en les transformant d’abord en phrases positives.

Par exemple on sait, dans cette formation imnlp-p, que si quelqu’un vous dit « Ne pensez pas à un chien bleu », on va systématiquement se faire une image d’un animal coloré avant de dissoudre cette image pour arrêter d’y penser

Une communication efficace en classe nécessite d’exprimer des instructions dans la forme positive.
Par exemple : on remplace « N’écris pas sur le bureau » par « Ecris cela sur ton cahier », « ne mange pas de chewing gum » par « tu mangeras ton chewing gum dehors »,

on dit “rappelez-vous” au lieu de “n’oubliez pas”,
et au lieu de hurler “ne criez pas”, on chuchote “parlez à voix basse”

Notre objectif est d’utiliser des phrases et des mots qui décrivent le comportement qu’on veut obtenir de nos élèves plutôt que de faire une liste des choses qu’ils ne devraient pas faire.
On le sait, quand on a été débutant on a tous eu cette fâcheuse habitude de reprendre les élèves de façon négative (en tout cas moi je l’ai eue). Et à « Je veux que tu arrêtes », ce qu’on obtient c’est plutôt un comportement de confrontation et de défense : « J’ai rien fait ! » ou « Ce n’est pas ma faute ! » ou « Depuis quand on a pas le droit de … ! » et l’escalade commence.
Une meilleure façon de renforcer le comportement positif est de reconnaître les améliorations et les bonnes attitudes et mettre un point sur les mauvaises. En résumé reconnaître les comportements simplement et clairement sans insistance.
La clarté est un autre outil important qui aide à garder les élèves concentrés et bien dirigés.
Si les élèves savent exactement et clairement ce qui va arriver dans la classe, ils vont être plus enclins à rester calmes et attentifs, car toute confusion aura disparue. D’où l’importance de bien expliquer au début de chaque cours ce qui va se passer et ce que l’on va faire pendant le cours. Parler par exemple de l’objectif du cours et comment le contenu va les aider à atteindre l’objectif fixé (mais là rien de bien nouveau pour la plupart d’entre nous).

Rechercher les intentions positives est un puissant moyen. En se basant sur la présupposition de la PNL « Tout comportement a une intention positive » et en l’appliquant dans la classe, on peut trouver une intention positive à toutes sortes de comportements, aussi bizarres et aussi blessants soient-ils.
Quand un élève est agressif, insultant, rebelle, inattentif ou ne fait pas ses devoirs, on part du principe que ce comportement négatif a une intention positive (pour l’élève). Il n’est alors pas possible d’influencer le comportement négatif avant d’avoir reconnu et satisfait l’intention positive qui est derrière.

Ce qui fait que rechercher l’intention positive est ce qui va faire faire le changement. Si vous blamez une personne, si vous vous posez en juge, si vous la critiquez ou si vous attachez une mauvaise attention à son comportement, vous obtiendrez automatiquement une réponse défensive, ou une résistance ou une contre-attaque. Vous devenez alors l’ennemi.
Par contre si vous recherchez l’intention positive du comportement, sincèrement, l’autre personne n’aura pas besoin de se défendre ou de vous attaquer. Vous cessez alors d’être une menace et vous devenez plutôt un allié.

Imaginez qu’un flic vous arrête sur le bord de la route pour excès de vitesse et vous dise « Bonjour… Je comprends que vous êtes pressé d’arriver à votre destination, et on a tous des impératifs. C’est certainement pour cela que vous n’avez pas vu la limitation de vitesse. Cependant vous savez aussi que le code de la route nous oblige à faire attention aux panneaux. etc. ». A votre avis, comment réagirez-vous. (Mais on peut toujours rêvé que la PNL fasse partie de la formation des gendarmes !)

Ce qu’a fait une de mes collègues un jour avec un groupe d’adolescents dissipés est pour le moins intéressant (et à essayer pour qui ose le faire) :
Voyant que les paroles ne changeaient pas grand-chose à leur dissipation, elle a décidé de leur montrer une image miroir de leur comportement en reproduisant leur comportement devant eux. Et elle l’a fait un certain temps pendant le cours. Au bout d’un moment ils ont progressivement noté le comportement plutôt étrange, selon eux, du prof et apparemment ils n’ont pas trop aimé ce qu’ils ont vu. Et progressivement ils se sont assagis. Cela nous a beaucoup amusés quand elle nous a dit cela et on aurait aimé être là pour le voir.

Cette façon de faire donne l’importance des clés visuelles que nous pouvons utiliser en classe : expressions faciales, postures ou signes de la main, allumer et éteindre plusieurs fois la lumière dans la salle, taper avec la craie sur le bureau, etc. Cette façon de faire a l’avantage d’attirer l’attention sans avoir à utiliser sa voix. C’est aussi une façon de le faire moins agressive et plutôt efficace.
Une autre chose importante est d’exclure autant que possible les références personnelles et donc d’exclure les sentiments que pourrait provoquer une réprimande dirigée vers un seul individu. Par exemple, quand il y a un comportement individuel perturbateur, diriger le discours pour l’ensemble de la classe.
– D’abord décrire le comportement de l’enfant dissipé en s’adresant à la classe entière : « Quand vous parlez en même temps que moi … »
– Ensuite, décrire quel effet cela fait sur vous le prof : « je dois arrêter et je ne peux pas continuer le cours… »
– Enfin, les sentiments que cela génère chez vous « et cela me frustre. »

Ou si l’on doit, pour une raison particulière s’adresser personnellement à un individu qui n’arrête pas de parler, on peut s’adresser à lui/elle personnellement et lui exprimer notre sentiment de frustration de cette façon : « Je me demande ce que j’ai bien pu te faire pour ne pas mériter de ta part le respect que j’obtiens de tes camarades. Si j’ai fait quelque chose d’inconsidéré ou d’impoli, j’aimerais bien que tu me dises quoi. Car j’ai le sentiment de t’avoir offensé et c’est pour cela que tu ne me respectes pas et que tu n’écoutes pas ce que je dis… ». Confusion assurée de la part de l’élève !!!

En bref, utiliser les outils de la PNL pour créer le rapport avec nos élèves, et ces différentes techniques ont l’avantage de le développer la bonne relation avec les élèves et de consolider les liens qui vont nous aider à mieux diriger notre classe.

Claudie Woehrlé

ENSEIGNANTE FLE/FOS ET PRATICIENNE PNL

Membre de l’association des PNListes : http://www.imnlp-p.org

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